Le Brésil veut favoriser les tournages de films

La commission des films de Rio (FRRFC), organisme créé en 2009, innove et met en place un nouveau dispositif pour attirer l’industrie du cinéma dans la ville de l’Etat de Rio de Janeiro.

Il s’agit d’une carte à l’attention des producteurs de films étrangers ou nationaux qui leur offre un soutien technique, juridique et logistique, grâce à des réductions dans les établissements commerciaux (restaurants, hôtels, magasins d’équipements audiovisuels et locations de voitures). Cette carte est valable uniquement pendant la durée du tournage, quel que soit le format réalisé : longs ou courts-métrages, séries, TV, documentaires, clips vidéos, films d’animation ou publicités.

Cette nouvelle stratégie a pour but de faire connaître des sites et des paysages pour les tournages de films.
Plusieurs grands producteurs ont déjà adopté le Brésil pour des scènes de leurs films, tels que le dernier Twilight (scène des noces), Fast & Furious (scènes des poursuites en voiture) ou encore le film d’animation Rio (Disney).

Par Coralie Taschot pour Pros du tourisme

Google Maps va corriger ses cartes de Rio où on voit surtout des favelas

Le géant américain de l’internet Google a annoncé mardi qu’il allait corriger sur Google Maps ses cartes de Rio de Janeiro, critiquées car elles faisaient trop ressortir les favelas de la ville qui accueillera le Mondial de football-2014 et les jeux Olympiques-2016.

“Google n’a jamais eu l’intention de discréditer Rio (…) le problème est le manque d’informations sur les cartes”, a expliqué le directeur de Google au Brésil, Felix Ximenes.

L’entreprise s’est engagée à terminer l’actualisation des cartes dans un délai de six à douze mois.

L’internaute “pourra d’abord voir l’information la plus importante comme le nom des quartiers et, au moyen du zoom, les sous-quartiers avec leurs rues et seulement après les favelas”, a précisé Ximenes cité par le quotiden O Globo.

Dans un reportage publié le week-end dernier, O Globo dénonçait le fait que Google Maps “réduisait Rio à un ensemble de favelas” où n’apparaissaient même pas certains des endroits touristiques les plus importants et les quartiers résidentiels.

“Ceux qui ne connaissent pas la ville (…) auront, avec cet outil, la fausse impression que la ville n’est qu’un ensemble de favelas”, s’indignait le journal.

Les quelque mille favelas de Rio -où vit près d’un tiers des habitants de la ville, soit deux millions de personnes- occupent 3,8% de son territoire, selon la municipalité.

Les autorités de l’Etat de Rio, l’un des plus violents du pays, ont entamé depuis 2008 une course contre la montre pour pacifier la ville d’ici au Mondial de football de 2014 et aux JO-2016.

A ce jour, plus d’une vingtaine de favelas ont été pacifiées et les trafiquants expulsés.

Mais… il n’est pas noir !

“Mais… il n’est pas noir!”, s’exclame Claudio, une pointe de déception dans la voix, après avoir aperçu Barack Obama, saluant de la main les habitants de la favela Cidade de Deus, dans la banlieue ouest de Rio.

Claudio, 35 ans, est noir comme la majorité des gens ici, et il a trouvé le président “pâlot”. Il attendait l’arrivée du “premier président noir des Etats-Unis avec impatience”, une visite symbolique au Brésil, considéré comme le deuxième pays noir du monde derrière le Nigeria avec 76 millions d’afro-brésiliens.

Tout le quartier a été bouclé par de très nombreux policiers et militaires, et des tireurs d’élite étaient postés sur les toits. L’attente de l’illustre visiteur est mêlée d’espoir dans le bidonville qui a été “maquillé” pour la visite: ordures ramassées, murs repeints, trous dans les rues rebouchés..

“S’il (Obama) est sorti de son pays et a choisi notre communauté, cela veut dire qu’il y aura des améliorations pour la population”, déclare optimiste à l’AFP Valeria, une manucure de 31 ans.

“Je n’aurais jamais imaginé voir ici un président américain noir”, dit Leila Martiniano, une ouvrière noire de 39 ans.

“La visite du président le plus puissant du monde va changer l’image de violence de notre favela”, se réjouit-elle.

La “Cité de Dieu”, une favela de 40.000 habitants à l’ouest de Rio, rendue célèbre par un film de 2002 sur l’extrême violence des trafiquants de drogue, a été pacifiée et les narcos en ont été expulsés.

Personne ne sait que Barack Obama a commencé son activité politique comme travailleur social dans les quartiers du sud de Chicago dans les années 80 et certains s’interrogent sur le “but réel” de sa visite.

“Qu’est-ce qu’Obama vient faire ici? Qu’est-ce que ça va nous apporter? C’est comme les hommes politiques brésiliens qui viennent chercher des votes en période d’élection, repartent et nous oublient”, s’interroge méfiant, Haroldo, un conducteur de tracteur à la retraite.

Finalement, un hélicoptère survole la zone et des voitures noires arrivent. Dans l’une d’elles aux vitres fermées, le président Obama, fait signe à la foule. Il est accompagné de sa femme et de ses deux filles. Les gens crient “Obama! Obama!”.

La maison de la famille de Leila et Claudio est située juste en face de l’école où Obama assiste à un concert de percussions et à une représentation de capoeira (lutte dansée afro-brésilienne) donnés par des jeunes. il y a aussi échangé quelques passes de football avec des enfants de la communauté.

Après cette représentation, fermée au public, qui a duré une demie-heure et avant de repartir dans sa limousine blindée, Obama décontracté, en chemise blanche et pantalon beige, est sorti à pied et a salué de la main les habitants qui avaient le privilège de pouvoir le voir de leur fenêtre.

Des deux extrémités de la rue bouclée par des militaires, où s’étaient massés les habitants des hurlements fusent de toute part: “Obama! Obama!. Certains ont les larmes au yeux d’émotion.

“Ca a été un moment merveilleux. J’espère que cette visite apportera l’espoir à notre population oubliée. Avec Obama, nous sommes sortis des pages policières” des journaux, se félicite Luzinete da Silva, 54 ans.

Copyright © 2011 AFP.

Le Carnaval de Rio débute dans un contexte dramatique

Le Carnaval de Rio commence la nuit prochaine, même si les traditionnelles festivités ont déjà débuté dans plusieurs villes du Brésil. Comme chaque année, des millions de participants sont attendus pour danser jusqu’au milieu de la semaine prochaine au rythme de la samba. Cette année, le carnaval de Rio a été précédé par deux graves accidents dont l’un particulièrement meurtrier.

Il est considéré comme le plus grand spectacle du monde. De 3.000 à 5.000 danseurs sur des centaines de chars gigantesques, 760.000 touristes attendus, des millions de Brésiliens dans les rues, 600 millions de dollars de recettes pour la ville. Le Carnaval de Rio n’a pas peur des chiffres vertigineux. Chaque école de Samba n’hésite pas à dépenser de 2 à 5 millions de dollars pour tenter de décrocher le titre de “Champion du Carnaval”.

Enfin, environ, 20 millions de préservatifs seront distribués gratuitement lors des journées du carnaval. Car cette gigantesque fête est l’occasion pour les participants de laisser libre cours à une sexualité débridée, sous l’effet de l’alcool et du spectacle de danseuses affolantes presque complètement nues.

Contexte dramatique

Reste que la fête a été ternie cette année à quelques jours du lancement du Carnaval. Le 7 février, un incendie a ravagé la “Cité de la samba” à Rio : un ensemble de hangars et d’ateliers dans la zone portuaire où sont fabriqués les chars et les costumes ; des mois de travail ont été réduits à néant. Les trois écoles de samba atteintes par les flammes se sont lancées dans une course contre la montre pour reconstruire leurs chars et refaire les milliers de costumes partis en fumée.
Autre accident, tout aussi spectaculaire, mais beaucoup plus meurtrier : dimanche dernier, lors de la période de fêtes qui précède le Carnaval de Rio, 16 personnes ont été électrocutées par la chute d’un câble à haute tension sur un char dans la petite ville de Bandeira do Sul, dans le sud est du Brésil. Même si le Carnaval est endeuillé chaque année par des drames et des violences, “jamais personne ne résiste à l’envie d’y participer”. C’est le président du Sénat brésilien lui-même, José Sarney, qui le dit.

Source : France-Info.com

Rio est devenue la quatrième ville la plus chère au monde

Dans la ville la plus prisée du Brésil, le prix des locaux commerciaux a été multiplié par 7 en dix ans.

C’est une des scènes dont s’amuse le plus Éric Fajole, directeur d’Ubifrance au Brésil : l’air médusé des patrons français, qui envisagent de s’installer à Rio de Janeiro, en découvrant les loyers de la « ville merveilleuse ». « Ils tombent des nues. Surtout quand ils ont connu Rio il y a dix ans », dit-il, en rappelant l’image d’Epinal d’une ville belle mais décadente, depuis que Brasilia lui a ravi le statut de capitale en 1960. « Maintenant, trouver un local commercial même à Niteroi, dans la banlieue, est très cher », poursuit-il.

Car Rio est devenue la quatrième ville la plus chère au monde, derrière Tokyo, Londres et Hong-Kong, mais devant New York, qu’elle coiffe au poteau, selon Cushman & Wakefield. La cité reflète la bonne santé économique du Brésil et ses presque 8 % de croissance en 2010.

En dix ans, les prix ont été multiplié par huit

C’est une aubaine pour tous ceux qui ont investi dans l’immobilier : selon les calculs de la Fondation Getulio Vargas, les locaux commerciaux ont connu une valorisation de 700 % entre 2000 et 2010, soit bien plus que les 500 % de Sao Paulo, la capitale économique du pays. Idem pour le résidentiel : à Sao Paulo, les prix d’achat ont bondi de 79 % ces trois dernières années, et de 95 % à Rio. La différence s’explique en partie par l’offre limitée de Rio de Janeiro : les zones convoitées sont coincées entre plages et collines.

Ce boom témoigne aussi de la renaissance carioca. La ville profite de la bonne entente entre l’État fédéral, le gouvernement de l’État de Rio et la municipalité. Le phénomène – inédit depuis vingt ans – a facilité le flux d’investissements publics. Et l’amélioration de la sécurité, autre effet de cette bonne collaboration, attire entreprises et touristes. La perspective des Jeux Olympiques (2016) et de la Coupe du monde de football (2014) font aussi miroiter une avalanche de bénéfices. Sans oublier les programmes d’investissements de la compagnie minière Vale et de Petrobras, les deux premiers groupes du pays, dont les sièges sociaux sont à Rio de Janeiro.

Ces perspectives n’annoncent aucune accalmie, ou à la marge. « Il faut ne rien acheter avant la mi-mars », juge un avocat spécialisé dans l’immobilier. « En ce moment, les prix sont encore plus délirants, car c’est bientôt le carnaval. On veut profiter de l’afflux de riches touristes. Attendez le mercredi des cendres et ça ira un peu mieux ! », conclut-il.

Rio : La guerre des gangs s’invite dans les beaux quartiers

L’un des quartiers les plus riches de Rio a été le théâtre d’une violente fusillade suivie d’une prise d’otages dans le célèbre hôtel Intercontinental.

Quand le Brésil a obtenu coup sur coup l’organisation de la Coupe du Monde de football 2014 et des Jeux Olympiques d’été en 2016 par la ville de Rio de Janeiro, nombreux était les observateurs qui pensaient qu’il sera impossible d’assurer la sécurité des sportifs. Samedi, une prise d’otages au coeur même des beaux quartiers de la ville, à l’hôtel Intercontinental, qui avait accueilli l’an dernier le Forum économique mondial sur l’Amérique latine, est venu rappelé que ces inquiétudes ne sont pas infondés. Cet établissement cinq étoiles du quartier São Conrado a eu pour seul tort de se trouver sur la route d’un gang armé jusqu’aux dents, lié au trafic de drogue qui pullule dans la cité brésilienne.

Fusillade au coeur des beaux quartiers

Les faits se sont d’abord produits en dehors de l’hôtel de luxe. Tôt dans la matinée, à 8h30, la police a intercepté sur une route qui longe l’océan un convoi d’une quarantaine de personnes cagoulées et munis d’armes de poing et de grenades. Une violente fusillade a alors éclaté. Liée aux trafiquants, une femme, Adriana de Oliveira Duarte dos Santos, a été mortellement touchée et deux policiers blessés.
«Je n’ai jamais vu tant de criminels à la fois. Tous portaient la même tenue, comme des uniformes, et ils tiraient dans les rues», a expliqué un témoin à l’agence Reuters. L’échange de tirs a duré plus de vingt minutes, provoquant une véritable panique dans l’un des quartier les plus riches de la ville.

Mis en déroute, des membres du gang se sont réfugiés à l’intérieur de l’hôtel Intercontinental, prenant 35 otages pour assurer leurs arrières. Installés dans une cuisine, les assaillants étaient rapidement encerclés par les forces de police et après une intense négociation, les 35 otages ont été libérés sains et saufs. Dix membres du gang ont été arrêtés, s’est félicité le colonel Lima Castro, porte-parole de la police militaire de Rio. De source brésilienne, les malfrats venaient de la favela de Rocinha, de la colline de Vidigal. La victime vivait sous le coup d’un mandat d’arrêt et était considérée comme la comptable du gang.

Problème endémique à Rio

La violence urbaine frappe toutes les grandes villes brésiliennes mais c’est un problème particulièrement endémique à Rio, où les gangs se livrent une lutte à mort pour contrôler les points de vente de la drogue. A Rio, près de deux millions de personnes, soit un tiers de la population, vivent dans quelque 800 favelas. Les crimes font près de 6.000 victimes par an dans l’Etat de Rio qui compte environ 14 millions d’habitants. En octobre dernier, les membres d’un gang étaient parvenus jusqu’à abattre un hélicoptère de la police dans le nord de Rio de Janeiro tuant deux policiers. Dans la bataille qui a suivi, dix suspects avaient été tués par la police.

Une vidéo de la prise d’otage de l’hôtel Intercontinental de Rio

Source : Parismatch.com

Les grandes dates de l’Histoire du Brésil

En 500 ans, Indiens, Africains, Européens de l’Est et de l’Ouest, puis Arabes et Japonais ont tous façonnés ce pays. L’histoire du Brésil, c’est la constante et singulière fusion d’ethnies et cultures aussi différentes soient-elles. Les grandes dates de l’histoire du Brésil.

Pedro Alvares Cabral

1500

Découverte du Brésil par le navigateur portugais Pedro Alvares Cabral.

1530

Arrivée des premiers esclaves africains

1534

Début de la colonisation

1548

Fondation de Salvador

1555

Invasions françaises

1565

Expulsion des Français et fondation de Rio

1594

Fondation de Sao Luis

1624

Invasion hollandaise de Salvador

1634

Invasion hollandaise à Paraiba

1654

Expulsion définitive des Hollandais

1694

Découverte d’or au Minas

1709

Fondation de São Paulo

1760

Apogée de l’exploitation minière

1763

La capitale du pays est transférée de Salvador à Rio

1789

Echec de la révolte pour l’indépendance

1808

Transfert de la cour portugaise à Rio de Janeiro

1822

Pedro I proclame l’indépendance et devient le 1er empereur du Brésil

1831

Pedro I abdique en faveur de son fils

1840

Pedro II devient, à 14 ans le second empereur

1850

Extinction du trafic négrier

1874

Arrivée des premiers immigrants européens

1888

Abolition de l’esclavage

1889

Proclamation de la république et départ définitif de Pedro II

1908

Début de l’immigration japonaise

1930

Révolte sudiste. Ascension au pouvoir de Getulio Vargas

1937

Coup d’Etat. Dissolution de l’assemblée par Vargas

1942

Le Brésil s’engage dans le Seconde Guerre Mondiale

1945

Vargas est déchu de son mandat par l’armée

1954

Suicide de Vargas

1960

Inauguration de la ville de Brasilia par le président Kubitschek

1964

Coup d’Etat et début de la dictature militaire

1985

Retour à la démocratie

Luis Inacio Lula Da Silva dit Lula

Luis Inacio Lula Da Silva dit Lula

1992

Elu en 1989, Fernando Collor est déchu pour corruption

1994

Fernando Henrique est élu président, puis réélu en 1998

2002

Election de Luis Inacio Lula Da Silva à la présidence

2004

Le Mercosur et la Communauté Andine forment la communauté sud-américaine des nations

TGV brésilien Rio-São Paulo : Appel d’offres compliqué pour Alstom et la SNCF

Le premier train à grande vitesse du Brésil devrait relier les deux villes emblématiques dans sept ans. Le gouvernement a choisi une procédure de désignation de l’opérateur très rapide et privilégiera celui qui proposera les tarifs les plus bas aux passagers. Des conditions difficiles pour Alstom et la SNCF.

Le TGV brésilien est virtuellement sur les rails. Mais il n’est pas près d’arriver à bon port. Dans la foulée de l’appel d’offres lancé le 14 juillet, plus d’une demi-douzaine de grands consortiums, européens et asiatiques, se bousculent au portillon. Objectif : relier les deux plus grandes villes du pays, São Paulo et Rio de Janeiro, distantes de quelque 500 kilomètres, en une heure et demie.

Un chantier évalué à 15 milliards d’euros, pour un parcours accidenté entre une ville touristique de bord de mer et une grande métropole d’affaires située sur un plateau à 800 mètres d’altitude. Une rallonge en direction de Campinas, un pôle industriel dynamique, est également prévue.

Un timing très serré

Alstom et la SNCF, qui fourbissent leurs armes depuis plusieurs mois, examinent le cahier des charges à la loupe. Les propositions officielles doivent être remises au gouvernement brésilien le 29 novembre. Quant au résultat des courses, il devrait être connu avant Noël, le 16 décembre, lors de l’ouverture des enveloppes à la Bourse de São Paulo. La concession de quarante ans sera attribuée au consortium qui proposera le tarif le moins cher pour les passagers de la future liaison (le cahier des charges fixant un prix plafond de 200 reais, soit environ 90 euros). Le financement sera associé aux deux tiers par l’Etat brésilien, et une nouvelle société publique, ETAV, pourra s’associer à l’opérateur désigné. Selon le montage financier, le consortium vainqueur devra encore apporter au moins 3 milliards d’euros, sans compter les dépassements liés aux imprévus.

Déjà plongés dans les dossiers, les candidats ne se montrent guère loquaces. Il est vrai que le timing est très serré : « 130 jours, c’est horriblement trop court » en raison de la complexité du dossier, estime un expert. Mais le gouvernement brésilien a voulu aller vite pour lancer, au moins sur le papier, le grand chantier du TGV avant les élections d’octobre, et annoncer le vainqueur avant la fin du mandat du président Lula au 1 er janvier. La prévision de la signature du contrat le 11 mai prochain est ainsi considérée comme « irréaliste » par la plupart des observateurs, en vue d’une mise en service six ans plus tard. Autant dire que le TGV ne sera pas prêt pour la Coupe du monde de football de 2014, qui se déroulera au Brésil. Et le responsable du chantier devra mettre les bouchées doubles pour être opérationnel avant les jeux Olympiques de Rio en 2016.

Toujours est-il que les pronostics vont déjà bon train. Les règles du jeu adoptées par le gouvernement brésilien, qui attribue le contrat à celui qui garantit les plus bas tarifs pour l’usager, ne favoriseraient guère le consortium français. « Alstom a très certainement une technologie plus évoluée. Mais [le groupe] se trouve de nouveau confronté à la problématique du binôme conflictuel qualité/prix », estime Claude Longeard, directeur associé du cabinet de consultants France Brésil Développement.

Les décideurs politiques auraient choisi de tirer les prix vers le bas. « Ainsi, les Coréens seraient les mieux placés, en offrant un produit qui semble davantage adapté au cahier des charges. Avec les Chinois en position d’outsider. Mais ne négligeons pas les Espagnols », résume Claude Longeard, installé de longue date au Brésil. Alstom vient d’ailleurs de perdre un contrat de fourniture de trains de banlieue et de métro au profit de l’espagnol CAF à São Paulo. En ce qui concerne le TGV, des groupes japonais, allemands et italiens sont également dans la course.

Un projet constesté

Brasilia justifie ce gros effort d’investissement par une vision à long terme. Ouvrage de prestige, le TGV doit aussi redonner un coup de fouet au transport ferroviaire au Brésil. Bien adapté aux longues distances dans un pays de taille continentale, il a pourtant longtemps été négligé. Le fret ferroviaire demeure largement minoritaire, face à la prédominance des transports routiers, pourtant coûteux et polluants. Quant au transport de passagers, il a, dans la plupart des cas, été purement et simplement abandonné depuis plusieurs décennies (la dernière ligne Rio-São Paulo a été abolie il y a vingt ans).

En cas de réussite, le TGV pourrait redorer le blason des chemins de fers. Toutefois, en pleine campagne électorale, l’opposition estime que le projet de TGV est superflu et que les fonds publics devraient plutôt être mobilisés pour terminer des chantiers inachevés. Des universitaires mettent également en doute la viabilité économique du projet. La bataille du TGV ne fait que commencer.

Article écrit par Thierry OGIER pour Les Echos