Les Brésiliens échangent leurs armes contre des places pour le Mondial 2014

Le gouvernement brésilien veut profiter du Mondial 2014 pour échanger des places pour le Mondial contre les armes à feu détenus illégalement. On comptait environ 35 000 assassinats par armes à feu en 2011.

300 000 places réservées aux « populaires »

En tablant sur cet engouement, le Parti des Travailleurs (formation principale du gouvernement de Dilma Rousseff) vient de déposer un projet de loi : tous ceux qui remettront aux autorités les armes qu’ils détiennent illégalement – avec la garantie que leur anonymat sera respecté – auront droit à une entrée à moitié prix durant les matchs de la Coupe du Monde.

Allant à l’encontre de la volonté de la Fédération internationale de football (Fifa), Brasilia, capitale du pays, prévoit qu’au moins 300 000 du million de places destinées à la population locale bénéficieront à la catégorie dite « populaire », avec un prix fixé à 27 dollars (20 €). Outre les détenteurs d’armes repentis, ces tickets seront réservés aux étudiants, aux Indiens, aux bénéficiaires d’aides sociales. Le ministère de la Santé a toutefois perdu une bataille : le gouvernement a plié devant les exigences de la FIFA, en acceptant l’introduction d’alcool dans les stades durant le Mondial, jusqu’alors formellement interdite.

Lutter contre les assassinats

Ces annonces ont coïncidé avec la publication des chiffres alarmants de la violence. Depuis 2004, les campagnes de désarmement échangeant des fusils et revolvers contre une somme d’argent ont permis une réduction de 11 % du nombre de personnes abattues par balle. Mais la sixième puissance économique mondiale a encore enregistré, l’an dernier, près de 50 000 assassinats, dont plus de 35 000 par une arme à feu. En trois décennies, le taux d’homicides est passé de 11,7 à 26,2 morts pour 100 000 habitants (1,28 en France).

« Il est difficile de comprendre comment – dans un pays sans conflits religieux, ethniques ou raciaux, sans disputes territoriales, sans guerre civile ni affrontements politiques violents -, on parvient à exterminer plus de citoyens que dans la majeure partie des conflits armés dans le monde »,

déplore le ministère de la Santé.

Election présidentielle : Dilma Rousseff bien placée pour l’emporter dès le premier tour

A un mois de la présidentielle au Brésil, la dauphine de Luiz Inacio Lula da Silva, Dilma Rousseff, est bien placée dans les sondages pour l’emporter dès le premier tour, face à une opposition muselée par la popularité record du président sortant, estiment les analystes.

Selon les derniers sondages, Rousseff, qui a été la principale ministre de Lula, que la Constitution n’autorise pas à briguer un troisième mandat, a consolidé sa place de favorite avec 50% des intentions de vote.

La candidate, âgée de 62 ans, a en outre creusé un écart de près de 25 points sur son principal adversaire, le social-démocrate José Serra, 68 ans, ancien gouverneur de São Paulo.

Si ce dernier ne renverse pas la donne actuelle, l’ancienne “Dame de fer” du gouvernement du Parti des travailleurs de Lula (PT, gauche), ex-guérillera sous la dictature, pourrait ainsi devenir dès le 3 octobre la première femme élue à la présidence du géant sud-américain (193 millions d’habitants).

“A moins d’une catastrophe ou d’un énorme scandale, tout indique que Rousseff passera dès le premier tour”, a déclaré à l’AFP le politologue David Fleisher.

“Disons que Serra a moins de 10% de chances de pouvoir renverser la tendance. Cela veut dire que Rousseff aura trois mois pour constituer son gouvernement avant d’assumer la présidence le 1er janvier”, a ajouté Fleisher.

L’analyste Ricardo Ribeiro du consultant MCM, est du même avis.

“Il est facile de faire des prévisions. On voit mal quelles armes l’opposition pourrait utiliser pour équilibrer le jeu”, dit-il.

D’après lui, “non seulement Rousseff a creusé un écart très important, mais toute la conjoncture est favorable au PT: l’économie marche bien et les électeurs semblent déterminés à opter pour la continuité”.

Après huit ans de pouvoir, la cote de popularité de Lula est de 80%, la croissance économique du pays devrait atteindre 7% en 2010 -la plus forte des 24 dernières années- et deux millions d’emplois auront été créés cette année, selon le gouvernement.

En outre, les analystes jugent que les grands thèmes ne sont pas discutés en profondeur, en raison des difficultés de l’opposition à présenter des contre-propositions.

“La discussion se limite à savoir comment poursuivre ce que le gouvernement a fait de bien ou comment faire plus. Ainsi les thèmes les plus importants, comme la réforme budgétaire par exemple, qui ne disent rien aux électeurs, sont laissés de côté”, estime Fleischer.

Autre exemple, selon lui: Serra a suggéré que le Brésil adopte une nouvelle orientation diplomatique consistant à prendre de la distance à l’égard de certains alliés comme le Venezuela, la Bolivie ou l’Iran, mais cette “discussion n’a pas eu de suite”.

“On aurait pu aborder aussi plus en profondeur les problèmes de la violence urbaine, de la santé ou de l’éducation”, ajoute-t-il.

Pour Ribeiro, “les élections, au Brésil et dans le monde, relèvent désormais davantage du show médiatique que d’un réel débat sur des questions de fond”.

“Il est évident qu’un second tour avec deux candidats seulement favoriserait un débat plus sérieux”, ajoute-t-il, mais cette perspective s’éloigne de plus en plus en plus, au fur et à mesure que l’écart se creuse entre les deux principaux candidats.

Et les huit autres candidats ne semblent pas en mesure de provoquer un second tour. La troisième mieux placée, la candidate des Verts et ex-ministre de l’Environnement de Lula, Marina Silva, 52 ans, plafonne toujours à 10% des intentions de vote.

Il y a 135,8 millions d’électeurs au Brésil, où le vote est obligatoire.

AFP

Dilma Rousseff creuse l’écart selon un dernier sondage

Dilma Rousseff, candidate du parti au pouvoir (Parti des travailleurs) à l’élection présidentielle en octobre prochain au Brésil, a creusé l’écart sur son rival José Serra, selon un dernier sondage.

Les intentions de vote en faveur de l’ancienne secrétaire générale du président Lula sont passées en une semaine, de 41 à 47%. José Serra, l’ancien gouverneur de l’Etat de São Paulo a, quant à lui, cédé trois points, avec 30% d’intentions de vote.

Coup d’envoi de la campagne électorale radio et télé

La campagne électorale gratuite à la radio et à la télévision pour l’élection présidentielle d’octobre au Brésil a commencé mardi avec neuf candidats en lice pour succéder au très populaire Luiz Inacio Lula da Silva, du Parti des travailleurs.

Les deux principaux candidats crédités ensemble de plus des deux tiers des intentions de vote dans les sondages, la dauphine de Lula, Dilma Rousseff (62 ans) (en photo), et le candidat de l’opposition, l’ex-gouverneur de São Paulo José Serra (68 ans), disposeront quotidiennement (sauf dimanche) de dix et de sept minutes respectivement pour tenter de séduire les 135 millions d’électeurs du géant sud-américain.

La Constitution brésilienne ne permet pas au président Lula (qui jouit d’une popularité record de près de 80% après huit ans de pouvoir), de briguer un troisième mandat consécutif. Mme Rousseff, candidate du PT, et le social-démocrate Serra vont se disputer la “continuité” de la politique de centre-gauche de Lula, fondée sur la croissance économique et une meilleure redistribution des richesses, selon la presse.

Selon le dernier sondage Ibope, diffusé lundi, la dauphine de Lula devance M. Serra de 11 points (43% contre 32%) et l’emporterait au premier tour avec 51% des voix, contre 38% à M. Serra.

Source : rtlinfo.be